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Dans le 1er chapitre, nous avons abordé quelques notions élémentaires de nivologie. Cette semaine, penchons-nous sur les précautions de sécurité à suivre, avant de partir, et sur le terrain. |
| Avant de partir |
1. Informez-vous : - bulletin des prévisions météorologiques sur le 08.92.68.02.XX (XX : n° du département) et bulletin d'estimation du risque d'avalanche sur le 08 92 68 10 20. Cette estimation est basée sur l'échelle européenne du risque d'avalanche, qui comporte 5 niveaux : de 1 (risque faible) à 5 (risque très fort). Contrairement à l'échelle de Richter, utilisée pour mesurer l'intensité des séismes, elle ne quantifie pas un phénomène qui s'est effectivement réalisé. Elle n'est qu'une estimation de la probabilité de réalisation d'un phénomène. - au niveau local : auprès des professionnels, en particulier pisteurs-secouristes, guides de montagne. Soyez attentifs aux panneaux d'information aux bas et aux sommets des remontées. Drapeau jaune = risque limité (niveau 1 et 2), damier jaune et noir = risque important (3 et 4), noir = risque très fort (5). Ne pas franchir cordes et filets, ils vous protègent de barres rocheuses ou de pentes avalancheuses.
2. Équipez-vous : - portez sur vous un ARVA (appareil de recherche de victime d'avalanche) dont vous avez appris au préalable le fonctionnement et la façon de l'utiliser ! (voir explications un peu plus bas) - pelle, et sonde, qui sont les deux auxiliaires INDISPENSABLES de l'ARVA.
3. Ne partez pas seul, et surtout partez « bien » accompagné. Les gens avec qui vous partez doivent posséder un niveau technique en rapport avec la difficulté de l'itinéraire. De plus, si vous vous retrouvez sous une avalanche et que vos compagnons n'ont jamais pris à se servir d'un ARVA, vous n'avez plus qu'à prier.
4. Signalez l'itinéraire et l'heure approximative de votre retour à des proches.
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| Pendant la sortie |
Tester systématiquement son ARVA (émission, réception et portée). Le mettre sur soi en position "émission" (on ne l'éteindra qu'au retour, la sortie terminée). Pensez à le mettre SOUS, et non SUR votre veste. En cas d'accident, si vous le portez à l'extérieur, il peut vous être arraché par la puissance de l'avalanche.
Puis : Prendre en compte la réalité et l'évolution (et non plus les prévisions) des conditions nivo-météorologiques, topographiques et humaines pour choisir son itinéraire :
- le terrain : les facteurs influençant la stabilité du manteau neigeux sont l'altitude (limite pluie-neige), l'exposition par rapport au soleil, l'inclinaison et le profil de la pente, ainsi que la topographie locale (combes et couloirs, croupes, crêtes, arêtes, cols, barres rocheuses, séracs, etc.), et son orientation par rapport aux vents dominants - les hommes : condition physique, niveau technique. La présence de traces n'est absolument pas un gage de stabilité : ne pas suivre n'importe quelle trace sans réfléchir.
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- ne pas skier regroupés, mais laisser des distances entre les membres du groupe, voire n'engager qu'une seule personne à la fois dans la zone présupposée dangereuse - se surveiller mutuellement - prévoir des zones de sécurité où l'on pourra attendre et surveiller les autres membres du groupe, ou vers lesquelles on pourra s'échapper en cas d'avalanche - ne pas s'arrêter à l'aval direct de la trajectoire des suivants, mais dans une zone de sécurité - évoluer "en douceur" en évitant, si possible, tout virage brutal, et pire, toute chute. Ces mesures ne coûtent pas cher et peuvent minimiser les conséquences d'un accident au cas où le danger n'aurait pas du tout été suspecté. - NE PAS HESITER A FAIRE DEMI-TOUR SI LES CONDITIONS SEMBLENT DOUTEUSES. La 1ère règle de sécurité est de savoir renoncer.
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| L'équipement de sécurité |
À partir du moment où l'on quitte l'univers balisé et sécurisé des pistes de ski, on entre dans un milieu à risque. Le respect des règles élémentaires de sécurité doit en principe, permettre de ne pas se faire prendre par l'avalanche. Mais l'appréciation du danger n'est pas toujours facile, l'erreur est humaine et, quelles que soient les précautions prises, il subsiste souvent un risque résiduel. Mieux vaut donc être équipé. Les chances de survie d'une personne ensevelie sous la neige évoluent très rapidement. Si après 15 minutes, elles sont encore de 95 % environ (aux conditions de ne pas avoir été mortellement blessée pendant l'avalanche, et de faire l'objet de soins adaptés dès son dégagement), elles chutent à 25 % environ au bout de 3/4 d'heure. Seuls des secours immédiatement organisés par les compagnons rescapés de la victime garantissent donc le maximum de succès.
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Pour cela, pas de secret, mais un équipement indispensable : l'ensemble ARVA-pelle-sonde. L'ARVA est un petit émetteur-récepteur (300 gr environ) de la taille d'un walkman, qui permet à une personne entraînée, de localiser une victime en moins de 5 minutes. Mais pour espérer être rapide en cas d'accident réel, il aura fallu s'exercer et faire de nombreuses simulations avant le jour J.
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| Simulation de recherche d'une victime d'avalanche |
Il n'est pas nécessaire d'être en montagne pour réaliser une simulation. Un simple terrain vague peut faire l'affaire.
.Vous êtes deux, l'un d'entre vous commence par cacher soigneusement l'ARVA. Ce sera évidemment l'autre qui devra le retrouver. . définissez la zone de recherche, autrement dit, la zone où l'avalanche est passée, en prenant comme ligne de départ l'endroit où l'on a vu la victime pour la dernière fois. (Sur le schéma, la partie blanche. La partie plus étroite symbolise l'amont.) Comme vous le savez sûrement, un ARVA possède 2 positions : « réception » et « émission ». Lorsqu'on ride, on se met sur « émission ». En cas d'accident, on recherche la victime en mettant son ARVA sur « réception ». Le principe est de retrouver l'autre ARVA grâce au signal sonore reçu par le vôtre. Plus vous vous éloignez, moins le signal est puissant. Plus vous vous approchez, plus il l'est. Votre appareil dispose d'un curseur qui permet de réduire ou d'augmenter le volume sonore, et donc d'affiner la recherche.
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| Etape 1 |
. On a positionné le volume du curseur sur la position maxi. A l'oreille, on doit percevoir une variation de l'amplitude du signal sonore. (pour plus de précisions, il est préférable d'utiliser un casque de walkman relié à l'appareil). On part du point A pour aller rejoindre le point B. Tant que le volume sonore augmente, on avance dans la même direction. Lorsqu'il diminue, on fait demi-tour pour retrouver l'endroit où il semble le plus fort, toujours en restant sur l'axe A-B. Au point choisi, on trace une croix en marquant le sol. (point 1 sur le schéma)
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| Etape 2 |
. Au point 1 (schéma), on diminue le volume sonore grâce au curseur, puis oriente la recherche dans un axe perpendiculaire à l'axe de départ A-B. On avance tant que le signal augmente, fait demi-tour s'il diminue, détermine le nouveau point où il est jugé le plus fort, y retrace une croix sur le sol (point 2), diminue le volume grâce au curseur puis réitère la manip dans un axe perpendiculaire : axe jaune. On marque à nouveau le sol pour matérialiser le point 2, qui sera le point de départ de l'étape 3.
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| Etape 3 |
. Vous avez compris le principe, il suffit maintenant de renouveler la manoeuvre autant de fois que nécessaire pour atteindre une zone si proche de la victime, que vous soyez en position de réception minimale sur le curseur de votre ARVA. Point 3 = point de départ de l'étape 4.
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| Etape 4 |
Point 4 = point de départ de l'étape 5.
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| Etape 5 : à moins de 1 mètre de la victime |
. Maintenant, si, en position minimale, vous entendez un signal, c'est que vous êtes à moins d'un mètre de l'ARVA recherché. Dans ce cas, plus la peine de vous déplacer, mais balayez le sol avec l'ARVA pour obtenir le volume le plus fort possible, et retrouver l'appareil caché !
Sur le schéma, 5 axes et points de recherches ont été nécessaires pour retrouver la victime. C'est une moyenne plus que satisfaisante mais sachez qu'en cas de situation réelle, le stress de l'accident compliquera tout.
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Nb : Malheureusement, un ARVA n'est pas capable de capter un signal à des distances infinies. Suivant les appareils, on estime la distance de réception à 20 ou 30 mètres environ. Si l'avalanche s'étend sur 200 mètres, il n'est donc pas dit que vous captiez un signal dès le point de départ. Par conséquent, il convient d'appliquer la méthode « zig-zag », en partant depuis la ligne de départ de l'avalanche comme indiqué sur le schéma, et jusqu'à ce que vous captiez un signal (point « 1er bip »). Arrivé à cet endroit, vous pouvez alors poursuivre les recherches selon la méthode en croix décrite précédemment.
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| Et dans une situation réelle d'accident ? |
Entraînez-vous autant de fois que possible. L'idéal est de réussir l'opération en moins de 2 min 30, car en cas de réel accident, le stress et la panique vous rendront toujours moins efficace.
La sonde Si l'ARVA indique le lieu de la victime, il ne fournit pas d'indication sur sa profondeur. La sonde permet de localiser précisément et avec certitude, le lieu et la profondeur à laquelle se trouve le skieur. Pour le ou les sauveteurs, cette certitude est une délivrance, tout comme pour la victime pour qui c'est aussi le premier contact avec le monde extérieur. Ce stimuli peut être déterminant pour affronter les longues minutes qu'il reste à attendre.
La pelle La profondeur indique où commencer à creuser. Plus il faut descendre profond et plus le trou de départ sera large : commencer le trou à une distance égale à la profondeur de la victime. Si vous n'avez pas cette indication, soit vous faites un trou trop gros et vous perdez du temps, soit vous faites un trou trop petit et vous devez ensuite l'agrandir et donc perdre aussi du temps. Inutile de dire que la pelle est un outil indispensable. Essayez une fois de creuser un trou dans la neige avec vos mains ou avec vos ski : c'est désespérément lent . Alors imaginez ce que cela doit être lorsque quelqu'un est en train de s'asphyxier sous la neige. La pelle est la seule solution pour garder l'avance que vous avez prise avec l'ARVA et la sonde. Il est aberrant de localiser une victime en cinq minutes et de mettre ensuite une heure pour l'atteindre.
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| ATTENTION : ARVA et téléphones portables |
On sait maintenant de source sûre qu'ARVA et téléphones portables ne font pas bon ménages ! Alors, oui ; emmener son téléphone portable peut être très utile si vous partez en freeride, mais seulement pour prévenir les secours en cas d'accident. En d'autres termes, ne ridez jamais avec votre téléphone allumé. Plusieurs accidents ont mis sur le devant de la scène le problême des interférences qui peuvent survenir entre ARVA en réception et téléphones portables allumés.
Sujet : phil
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