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Nicolas Dollé
Ski 25/01/2001 Nicolas Dollé
Sincère et authentique, Nico. Dollé est aussi un skieur militant. Portrait d’un skieur engagé dans la protection de l’environnement.
Comment es-tu arrivé dans le ski?
Après mon bac, j'étais inscrit à l'IUT à Perpignan. Je me suis fait pote avec un moniteur de ski de Fort Miguère, une station des Pyrénées Orientales. On est allé skier ensemble et là, ça a été le déclic. J'avais 18/20 ans, j'étais pas du tout un bon skieur mais j'avais un passif de grimpeur et quelques expériences d'alpinisme... La passion était déjà là.

Tu n'étais pas un bon skieur?
D'un point de vue purement technique, non. Je suis donc parti à Flaine pour réapprendre les bases du skis, repartir à zéro en tentant le monitorat... On m'a vite fait changer d'avis. Je suis arrivé avec mille balles en poche et un mi-temps de saisonnier me permettant de faire du piquet chaque matin. Cette année là, il y a eu des records de neige, les matins où je n'allais pas m'entraîner, j'allais faire de la peuf... Je faisais des journées départ de nuit en peaux de phoque, une combe à l'aube et une journée de ride.
 
Quel était ton objectif?
Mon objectif était de concilier un mode de vie de plein air qui soit également utile à la société. Que ce soit dans l'alpinisme, le ski, le snowboard, la grimpe et d'autres sports il y a encore un petit peu de démagogie. Beaucoup de gens se disent peace, love, respect etc. mais ne le concrétisent pas dans les faits.
 
Donc en montant en station, tu étais plein d'espoirs...
Oui, mais j'ai été rattrapé par la rigidité du cursus de monitorat, et par le service militaire... (rires) Je me suis déclaré objecteur de conscience. J'ai bossé pour différentes associations plus ou moins intéressantes... Au bout de 10 mois, j'ai déserté pour aller faire du surf à la Réunion... (rires). J'étais passible de la cour militaire. Je m'en suis bien tiré car des potes guidos m'ont mis en relation avec une association qui organisait des stages en montagne pour des enfants leucémiques... Je suis devenu leur logisticien, je m'occupais de l'organisation et du matériel.
 
Après le service, tu étais enfin vraiment libre...
Oui, j'ai fait la connaissance d'un photographe, Nico. On s'est fait un trip camping ensemble à Riksgränsen. Ca a été une super expérience, idéal sous la tente avec toutes les galères de bases mais aussi tout ce qu'il faut pour que des gonzes motivés se fassent plaisir en montagne dans la bonne humeur... On est revenu la tête pleine de souvenirs et avec 200 supers diapos.

Ce que tu cherches à développer c'est une certaine conception du ski?
C'est un mode de vie. La journée idéale de ski serait de se lever tôt... sans réveil... (rires) Ca veut dire que tu n'as plus besoin de réveil parce que tu es réglé biologiquement. Tu habites dans une maison qui s'intègre dans l'environnement... Tu pars de nuit à la frontale, seul ou avec un pote, à pied... Une bonne marche, l'ambiance lever de soleil et on va se faire un goulet bien raide.
 
La journée se termine comment?
Autour d'un repas avec de la nourriture qui soit auto-produite ou troquée avec un gonze du coin. Après peut être qu'un ancien m'aura proposé du bois en échange d'un coup de main, donc j'irai... et au dodo. Ce genre de mode de vie évite de mettre des milliers de camions sur la route pour rien. Une journée comme ça, C'est une application écologique et sociale d'une mentalité de logisticien, c'est la formation que j'ai suivie. Pour chaque produit je me demande d'où il vient. Par exemple un microprocesseur, je me dis que c'est de grosses carrières de silicium qui sont exploitées dans certains pays.
La nourriture c'est souvent un dilemme pour beaucoup de gens. On a un budget qu'il faut concilier avec le respect de l'environnement alors on va au supermarché... Si une partie du budget passe par le troc et l'auto-production, on a tout de suite moins besoin de consommer, donc moins de pollution... et de moins de bosser. La nourriture, la montagne, tout cela, c'est des combats qui m'animent, parfois cela me rend antipathique vis à vis du milieu, cela dérange.
 
Le respect de la montagne, comment cela se concrétise?
Un de mes leitmotiv c'est: " Pense globalement, agis localement ". Pas besoin d'une révolution pour faire bouger les choses si chacun agit de son coté. Par exemple aller en montagne, c'est revendiquer des espaces de ski et de snow hors pistes, sans remontées mécaniques, des espaces qui doivent rester sauvages. C'est prendre conscience qu'il faut agir, comme par un acte citoyen tel que le triage des ordures.
 
 
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