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| 11/02/2005
LFX Arctic Tour
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Cinq riders expérimentés s'aventurent au nord du cercle polaire, au cœur de la Laponie, nourrissant le secret espoir de découvrir des terrains de jeu inexplorés... |
Last Frontiers eXplorers Oxbow a développé dès la fin des années 1980 les premiers voyages dans le monde entier pour chacun des sports de glisse (surf, wind et snow) qui ont fait rêver toute une génération à la lecture des catalogues mythiques de la marque. Aujourd'hui Oxbow décline une approche différente et novatrice des trips par l'organisation d'une série d'expéditions découvertes : Last Frontiers eXplorers (LFX).
L'échappée nordique Partie de France au volant d'un mobil-home ultra moderne et d'un 4x4 tractant deux scooters des neiges, l'équipée vient d'effectuer une Transeuropéenne verticale de plus de 3500 kms... A bord, cinq riders expérimentés : les freestylers Alessandro Boyens et Florent Cuviller, seul skieur de ce voyage pionnier, et les freeriders Stéphane Routin, Ludovic Strohl et Igor Dominguez. Ils sont rejoints sur place par l'initiateur du trip, le Suédois Oskar Norberg. Ensemble, ils s'aventurent au nord du cercle polaire, au cœur de la Laponie, nourrissant le secret espoir de découvrir des terrains de jeu inexplorés... Le point de départ de l'expédition est l'un des lieux les plus exotiques de la planète : l'Ice Hotel.
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Pour prendre la mesure du rude climat arctique, rien de tel que de passer sa toute première nuit dans cet hôtel entièrement construit en glace, le seul au monde à proposer des chambres où il règne en permanence une température de -5°C. Le climat de Laponie est comme on pourrait s'en douter particulièrement rude avec des températures pouvant atteindre les -40°C en hiver. A l'approche de l'été, l'Ice Hotel fond, tout simplement... ! Le travail de découpe et d'assemblage de plus 1500 tonnes de glace n'a donc rien d'éternel... L'hôtel entretient ainsi tous les ans sa culture de l'éphémère. Fort heureusement, ce palace de glace ne présente pas comme seul intérêt l'extrême froideur de son intérieur. Chaque chambre est une petite oeuvre d'art et l'hôtel se visite comme un livre à thèmes. On peut ainsi passer la nuit à côté d'un élan grandeur nature ou se réveiller dans les ailes d'une raie manta, le tout bien au chaud ou presque sur quelques peaux de rennes étalées à même la glace...
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Le paradis du back-country La première zone à explorer se situe aux confins de la Suède et de la Norvège, dans les environs de Riksgransen, station de ski la plus réputée du coin. Le problème, c'est qu'il n'existe quasiment aucune remontée mécanique pour gravir les innombrables pentes de cette région reculée de Scandinavie et la pratique de l'héliski, qui s'est généralisée dans les grands centres de sports d'hiver à travers le monde, reste assez confidentielle dans le nord de l'Europe. C'est là tout l'intérêt des motos neiges... Ils permettront aux riders d'accéder à peu près partout où ils le souhaitent et éliminent en tout cas les heures de marche que nécessiterait l'exploration de ces montagnes. La meilleure surprise arrive dès le premier jour : la neige est fraîche, légère et poudreuse à souhait. Il fait grand bleu...Pour les riders, cette première session sera riche en sensations fortes et virages appuyés... Après quelques bons moments de freeride, place au freestyle. Alessandro, Florent et Igor s'affairent autour de la préparation d'un kicker sur un magnifique dôme naturel, à l'aplomb d'une forte pente parfaitement exposée. Pour Alessandro, l'un des tout meilleurs freestyler mondiaux, cette session est un vrai régal. Il est vrai qu'il n'a pas souvent l'occasion de pratiquer le freestyle back-country, sa saison se déroulant en parc. sa joie va malheureusement être de courte durée... Sur son dernier passage, une mauvaise réception sur une cheville déjà blessée en début de saison va lui coûter cher : le voyage est déjà compromis pour l'un des riders...
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A l'assaut du Kebnekaise La prochaine destination est aussi la plus attendue des riders. Les excellentes conditions climatiques rencontrées depuis le début du trip leur font espérer remplir l'un des objectifs essentiels d'un trip freeride : être au bon moment, au bon endroit. En Laponie, cet endroit, c'est le Kebnekaise... Le plus haut sommet de Suède ne culmine qu'à 2100 m d'altitude mais en raison de sa latitude nordique, cette région montagneuse est couronnée d'imposants glaciers. La neige y reste froide tout l'hiver et l'étonnante topographie des lieux est la garantie de trouver des pentes plus longues et surtout plus raides que celles rencontrés jusqu'alors... Les riders vont en plus pouvoir profiter d'un avantage non négligeable : un Colibri flambant neuf, le dernier né des hélicos d'Eurocopter, un petit bijou de technologie...jaune fluo ! Premier pic, le Tuolpagorni : vue du ciel, cette face ressemble plutôt à un immense cratère...Personne n'a jamais tenté auparavant une descente dans cette cuvette géante, une raison de plus pour les riders de se faire déposer sans attendre...
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Vu du sommet, le spot est vraiment impressionnant. Une énorme corniche bouche la vue sur les premiers mètres de pente. Il faut sérieusement analyser le terrain...C'est sur une bonne vingtaine de mètres qu'il faudra finalement descendre en rappel pour accéder à une partie sans rochers. A la fin de la journée, personne ne regrettera de s'être encordé pour un tel défi... Près de 1500 m de dénivelé avec en sortie de la cuvette plusieurs couloirs en option. Steph et Ludo passent dans le plus étroit tandis que Florent, Oskar et Igor empruntent la face nord. Le Kebnekaise a tenu ses promesses dès la première dépose. Il reste des dizaines de faces à explorer dans le coin et l'équipe va finir la journée sur les mieux exposées, en toute liberté... Avec l'aimable accord des quelques ingénieurs présents, le groupe est autorisé à passer la nuit dans le refuge de la station d'études glaciaires de Tarfala. Située à 1300 m d'altitude au beau milieu du massif du Kebnekaise, elle est gérée par l'Université de Stockholm et livre depuis le début du siècle de précieuses informations sur les mouvements des glaciers dans cette région totalement isolée.
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Ludo n'a pas peur ! Ce matin, tout le monde est prêt en un temps record. Personne ne veut rater une minute de la superbe journée qui s'annonce... Ludovic, Stéphane et Igor seront les premiers en action. Ils ont décidé d'une dépose au sommet du Palins Corridor, un passage réputé pour sa forte pente. Florent prend lui une option à l'ombre, sur la face nord, de l'autre côté du versant. La neige est partout de bonne qualité, un peu froide et pas encore trop transformée sur les faces exposées. Un peu plus tard dans la journée, Ludovic et le guide Mats consultent sur une carte un couloir où il n'y a de place que pour un seul homme...L'endroit est tellement improbable qu'il ne porte même pas de nom. Une première, quoiqu'il advienne... Vu de face, de profil ou du ciel, une chose est sûre, le passage est quasi vertical...On rentre là dans une pratique extrême du snowboard, où la moindre faute de care peut entraîner une chute vertigineuse. Mats doit ressortir la corde pour descendre Ludovic en rappel sur une quinzaine de mètres. Ensuite, il devra se débrouiller seul, ce qu'il va faire à merveille... Après un premier passage difficile sur les 100 premiers mètres, entre glace et rochers, Ludo trouve la trajectoire parfaite, le long d'une immense falaise, et enchaîne des dizaines de virages jusqu'en bas du goulet.
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Sur la route des Sâmes En reprenant la route vers le nord, petite escale pour découvrir une part essentielle de la Laponie : son peuple. Car au commencement, bien avant les Vikings, étaient les Sâmes, le peuple le plus septentrional d'Europe. Ils sont encore quelques milliers à vivre en nomades libres, se jouant des frontières, dans l'immensité des espaces arctiques. Répartis entre la Norvège, la Suède et la Finlande, ils ne sont plus que 10 à 15% à tirer directement leur subsistance de l'élevage des rennes... C'est le cas de Nils, qui prodigue quelques judicieux conseils aux riders pour lutter contre le froid en suivant la tradition: "Le matin, lorsqu'il fait très froid, ne vous lavez pas le visage. Vous devez maintenir cette pellicule de graisse qui s'est formée durant la nuit, elle vous protègera du froid. Pensez aussi à chanter continuellement pour vous réchauffer..." Pour les Sâmes, le quotidien est fait de neige et de glace. Pas étonnant donc qu'ils aient développé une véritable culture du froid et qu'il existe plus de 250 mots pour définir l'état de la glace ou de la neige dans leur dictionnaire ! De l'autre côté des montagnes...
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La Norvège, littéralement "la route des Mers du Nord", est la prochaine destination. Un pays sauvage, avec ses montagnes, ses glaciers immenses et ses fameux fjords, mot norvégien qui désigne un bras de mer long et étroit qui pénètre à l'intérieur des terres. La Norvège est aussi le berceau du ski. Des gravures rupestres et des fragments de ski vieux de plus de 4 500 ans y ont été découverts dans des marécages. Aux alentours de Narvik, en surplomb d'un flord, les riders s'intéressent à un couloir très étroit. Dans un décor surnaturel, ce passage est coincé entre une vertigineuse falaise de plus de 500 mètres et un pic enneigé. Ludovic, Stéphane et Florent sont partants pour la descente. Un hélicoptère les déposera au sommet et viendra les chercher...sur la plage ! Seule inconnue, la qualité de la neige... Les trois riders s'élancent tour à tour, Ludovic en tête. A lui de trouver et d'indiquer aux copains la meilleure trajectoire... Soyons clair, ce n'est pas une partie de plaisir : Ludo est même obligé de déchausser en plein milieu du couloir. Ce qu'il reste de neige ressemble plutôt à de la colle, logique après une semaine de grand beau temps, même dans ces latitudes nordiques... Mais bon, comme le résume parfaitement Stéphane à son retour : "On l'a fait, man... !" Un bon hiking d'une heure pour atteindre le sommet d'un pic surplombant la grande ville portuaire de Narvik, suivi d'une descente au coucher de soleil, sera le dernier effort du team avant une traversée vers les mythiques Iles Lofoten...
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Perfect waves... L'archipel des Lofoten s'étend tel un mur de montagnes dans la mer. La côte norvégienne et les îles Lofoten sont séparées par un gigantesque fjord, le Vestfjord. Les îles forment un formidable ensemble de montagnes, de sommets enneigés, de rochers, de baies abritées, de plages et de grandes étendues vierges de toute trace humaine. L'arrivée à Henningsvaer est remarquable, autant par la stupéfiante beauté des lieux que par la pestilentielle odeur qui règne dans les environs... C'est l'époque du séchage de dizaines de milliers de morues en plein air, sur des cadres en bois spécialement conçus. Une expérience inoubliable ! Pour la pratique du snowboard ou du ski au Lofoten, il faudra revenir plus tard...mais pour ceux qui sont prêts à affronter une eau à 5°C, le surf, c'est tout de suite !
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Sur la plage d'Ustadvaki, devant le presque hallucinant spectacle de gauches parfaites déroulant le long d'une pointe rocheuse, Ludo et Stéphane enfilent combis, chaussons, gants et cagoules et se jettent sur les deux planches judicieusement prévues pour le trip...On se croirait plus aux Canaries que dans le grand Nord, d'autant que trois locaux débarquent avec des longboards, tout surpris d'avoir quelqu'un avec qui partager leur (fantastique !) spot de surf.
Au cours de la journée, le vent offshore se renforce et la baie prend carrément des couleurs tropicales...La gauche fonctionne moins bien avec la marée descendante mais le spot au milieu de la baie offre des longues droites que les moins frileux (Ludo en tête...) finiront par rider jusqu'au coucher de soleil. Le barbecue organisé sur la plage laisse encore échapper des odeurs de saumon grillé lorsque l'équipe s'endort dans le camping-car, pile en face du spot de surf... La Scandinavie, ou l'exotisme polaire !
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Jean Michel Gué Crédit photos : Oxbow / Tim-McKenna.com
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