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10/05/2006Photographe de snowboard : Matthieu Georges
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 10/05/2006 Photographe de snowboard : Matthieu Georges

Matthieu est plutôt jeune dans la profession, pourtant, il est déjà photo editor chez Method Mag et shoote avec la crème des riders français et européens. Un vrai créatif qui nous expose sa vision du métier de photographe ainsi que quelques jolis clichés.
 
portrait de Matthieu Georges par Richard Inn Nom : Matthieu GEORGES
Age : 22 ans
Adresse : Grenoble et Innsbruck
Contact : Matt@visuall.fr.st
Sites web : www.visuallwebzine.com
www.methodmag.com
 
Agoride : Qu'est-ce qui t'a donné envie d'exercer ce métier ?

Matthieu Georges: Et bien j'en suis venu à faire ce métier un peu par hasard. Je suis graphiste de formation et fais des photos de mes potes skateurs depuis quelque temps pour m'amuser. Puis certains ont commencé à devenir fort et du coup, les magazines recherchaient des photos. J'en suis donc venu plus ou moins naturellement à exercer ce métier à plein temps, tout en continuant parallèlement une activité de graphiste freelance. Qui donc pourrait refuser une vie faites de belles rencontres, de voyages et de découvertes... tout en faisant ce qu'il aime le plus au monde ?
 
Tato Chiala Omar Hassan
 
Anne-Flore Marxer Yannick Amevet
 
A : Selon toi, qu'est-ce qui est important pour faire un bon photographe de snowboard ?

MG : Etre un photographe, c'est désormais très facile avec le numérique bon marché. Etre un BON photographe nécessite tout d'abord « un bon œil », mais il faut aussi et surtout être autant original que créatif. De plus, être un bon photographe de snowboard ou de skateboard, requière en plus de tout ca, je pense, une bonne connaissance de la montagne, une bonne connaissance du milieu et des riders. Mais le plus important est de ne pas avoir peur de rater des beaux jours de poudreuse ensoleillés et surtout ne pas rechigner quand il s'agit de porter un sac de 25 kilos alors que les autres s'amusent, légers... ou alors, ne pas avoir peur de marcher dans des mètres de neige, de pelleter, d'avoir froid, ou encore de s'allonger dans la crasse pour obtenir un bon angle. Ce n'est pas toujours très marrant, même si cela en a tout l'air.
Ceci étant dit, il faut également être très pro dans son boulot. Avoir une photo, c'est bien, mais il faut ensuite la vendre à des magazines ou à des marques, respecter des commandes, des engagements, travailler dans les délais, être disponible au téléphone ou par mail le plus souvent possible. Tout va extrêmement vite et il y a beaucoup de photographes. Alors pour en vivre, il faut avoir de la volonté et de l'énergie pour réussir à s'en sortir. Il faut aussi sans cesse produire des images, beaucoup et toujours plus... C'est un boulot ! Il est impossible de vivre dans sa bulle de « pseudo artiste rebelle » en refusant le côté business de la chose. Ça, c'est un mythe.
Bien sur, le business casse parfois un peu la spontanéité, mais si tu veux manger et payer ton loyer, alors il faut faire certaines concessions.
 
Gigi Ruff
 
Marie-France Roy Jérôme Berlioz
 
Elias Elhardt A : Quel est le rider avec qui tu préfères travailler ?

MG : Etant donné que je suis un débutant (NDLR : là, Matthieu est très modeste), je n'ai pas encore énormément shooté de riders. J'aime d'abord shooté avec mes amis, ceux avec lesquels je m'amuse le plus. Puis ensuite avec des personnes qui ont une vision originale et créative du terrain, et qui sont motivées et patientes pour obtenir de bonnes photos. C'est-à-dire, qu'ils n'aient pas peur de remonter à pieds et/ou de faire quelques essais supplémentaires pour améliorer quelques détails. En snowboard, je me suis bien marré avec Travis Parker, c'est un grand malade... Sinon avec le crew des Pirates, ils sont super motivés, ou encore avec Sylvain Bourbousson, on rigole bien aussi. En fait avec pleins de riders. Je n'ai pas particulièrement de préférence car chacun a sa propre vision et son propre style, donc il est intéressant de bosser avec n'importe lequel d'entre eux, du moment qu'il est motivé, souriant et pas chiant. C'est très important d'avoir un bon contact sinon cela rend le boulot plus difficile.
Pour le skateboard c'est un peu la même chose, même si, il y a plus d'innovations possibles dans la rue, ce qui rend la tâche d'autant plus enrichissante. Avec Max Genin, tu es sûr d'obtenir de bonnes photos et des tricks plaqués. Damien Marzocca va vite et a du style, les Marseillais aussi sont bien chauds comme Greg Chico Levet, Momo, Will Agnes, Etienne Laude ou David Rousseau. Toutes ces personnes ont chacune une manière différente d'aborder le skateboard qui, au final, se complètent parfaitement bien.
En ce qui concerne les portraits, j'apprécie lorsque la personne se sent à l'aise et fait des conneries devant l'objectif. Autrement dit, pas seulement un mec qui te regarde d'un air vide et fait la gueule en attendant que tu appuies sur le bouton.
A part ça j'aimerais beaucoup shooter avec Nico Muller en snow, et avec Louie Barletta en skateboard.
 
Travis Parker
 
A : Ton meilleur souvenir de photographe ?

MG : Beaucoup ! Mais peut être pas encore assez... Les beaux jours à Barcelone, le Liban et les potes, la sensation d'avoir LA photo, les sourire des personnes qui t'entourent, les paysages magnifiques à perte de vue, le calme de la montagne et le bordel d'une ville animée. Je n'ai pas encore trop voyagé, alors j'espère que le meilleur reste est à venir, bien que j'ai déjà trop de belles images dans la tête pour qu'une m'ait particulièrement marqué.
 
Jad Hussein Fab Trovero Suski Greg Hamel
 
A : Argentique ou numérique ?

MG : Il serait dommage de passer à côté du numérique. Pour les séquences et les photos urgentes, il n'y a pas de doute, je préfère largement le numérique. Après, j'ai la chance d'avoir mes pellicules payées et un scanner rotatif haute définition, j'en profite donc pour explorer le plus possible le côté argentique de la photo. J'aime vraiment le moyen format. Et le Noir et Blanc en argentique, c'est sans commentaire, trop la classe !
En utilisant une métaphore certes complètement absurde et stupide, le numérique serait comparable à une pizza surgelée cuite au four à micro ondes : bon goût et rapide à préparer. L'argentique quant à lui, serait plutôt comparable, à une pizza artisanale cuite au feux de bois.
Avec la pellicule, il y a plus « une âme » dans la photo, ou quelque chose qui en ressort. Les deux sont donc vraiment complémentaires, mais le numérique ne remplacera jamais le bonheur d'avoir un beau tirage noir et blanc ou de belles diapos réussies sur une table lumineuse.
Après, je crois que le choix se fait en fonction des budgets de chacun et des opportunités. Mais merci le numérique, ça fait du bien au portefeuille.
 
Christoph Weber
 
Super Devoluy ...snow lines
 

Liens associés : www.visuallwebzine.com




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