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23/10/2002David Pitschi
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 23/10/2002 David Pitschi

Rider genevois de talent, David Pitschi est aussi fort dans un pipe, un park, que dans un couloir. Portrait d’un autre disciple de la Pulp 68.
 

Il y a quelques mois, David Pitschi était remercié par Salomon, et dans le quasiment même temps, il devient team-manager Billabong. Tout n'est pas si facile...
Agoride : Salut David. Tu es un habitué de ce genre de rituel, alors peux-tu te présenter.
David Pitschi : David Pitschi, né à Genève le 02 octobre 1976. Mes sponsors sont Billabong, Von Zipper, Pulp 68 et Nixon.

A : Parle-nous de ta double nationalité.
DP : Ben, je suis de mère irlandaise et de père suisse, je suis donc irlandais de coeur, et suisse de porte-monnaie.

A : Mais tu te sens plutôt suisse ou irlandais ? Que connais-tu de l'Irlande ?
DP : Quand je suis en Suisse, je suis irlandais, et quand je suis en Irlande, je suis suisse. Mais quand la Suisse a joué contre l'Irlande, je supportais les Irlandais.
Je vais toutes les années chez mes cousins et essaye de passer le plus de temps possible là-bas. C'est un très beau pays avec des gens adorables, mais il n'y a pas de montagnes.

A : Cela t'a beaucoup aidé dans ta carrière le fait d'être bilingue ?
DP : Enormément, ça m'a permis d'être immédiatement intégré chez les Américains.
 
A : Tes débuts en snowboard... comment as-tu commencé ?
DP : J'ai commencé avec mon meilleur ami, Blake. On prenait des vieux skates et on attachait nos chaussures sur les decks. On faisait déjà du snowskate en 1989 après j'ai acheté ma première board et j'ai commencé à rider avec les frères Plattet et Jean-Marc, mon voisin.

A : Et ensuite...
DP : Après, j'ai commencé à faire des contests et j'ai rencontré des riders comme Romain et Darius. J'adore rider avec Romain parce qu'il a le pire style et qu'il va plus haut et plus loin que tous le monde.

A : A une époque, on te voyait autant comme un freerider qu'un freestyler... comment expliques-tu cette polyvalence ?
DP : J'ai grandi à Verbier. Il n'y avait pas de park et je devais me déplacer pour aller faire des compét. de pipe. Alors j'ai un peux appris sur les deux tableaux. Le snowboard, ce n'est pas que des jumps, et ce n'es pas que des virages
 
A : Tu es le grand pote à De Marchi. Explique-nous comment vous vous êtes connus, votre amitié et tout le reste.
DP : On se connaissait du snow et des Diablerets, mais c'est quand on a passé le nouvel an ensemble en Norvège, que l'on est devenus vraiment amis. Ce gars a le plus grand coeur, et c'est un génie.

A : Entre nous, pour être pote avec De Marchi, et le suivre dans ses délires de soirées, il faut être un peu barge soi-même, non ?
DP : Il faut toujours être un peu décalé sinon tu sombres dans l'ennui. Maintenant, nos délires ne sont pas si barges. Les gens qui médisent sont des gens qui ne nous voient que pendant les soirées.
 
A : Il ne t'arrive jamais de te dire "là, vraiment, il va trop loin" ?
DP : Que lorsqu'il over-shoot un jump. Sinon, non.

A : Tu t'es récemment fait remercier par Salomon... quel regard portes-tu là-dessus ?
DP : Machine à faire de l'argent, Salomon s'est entourée de personnes très compétentes, mais elles n'ont pas le droit de faire changer les choses. Je ne vais pas chier sur Salomon parce qu'ils m'ont quand même bien soutenus pendant 9 ans. En tous cas, je suis mieux à ma place qu'à la leur

A : Un jour, tout se passe bien pour toi chez eux. Tu as une bonne place dans le team et aucune inquiétude à avoir, et l'année d'après, on te lâche... tu saurais l'expliquer ?
DP : J'ai 25 ans et je ne correspond pas à une image les temps sont durs pour l'industrie et il faut liquider. C'est normal, je ne vais pas chier sur eux.

A : Tu crois que le business du snow a changé ?
DP : Il est en train de se rendre compte que la croissance de 30% par an, c'est fini et que maintenant, il faut être efficace pour vendre. C'est fini les petites marques et les team de 200 riders. Pour les riders, la belle vie est aussi finie il faut travailler maintenant.

A : Et maintenant, quels sont tes projets dans le snowboard ? Ce job de team-manager Billabong, c'est une reconversion ou tu veux te retrouver un nouveau sponsor board ?
DP : Je me vois grandir dans le milieu du snow tout en profitant de ce sport que j'aime tant. Je ne cherche pas de sponsor.

A : Parle-nous également de ta saison à Whistler l'année passée. Tu habitais avec De Marchi et Bergeri... Pourquoi Whistler ? C'était plus pour la fête ou les conditions de neige ?
DP : Pour les deux, mais à la fin, la fête était pourrie je me suis fait péter la gueule. Mais c'est surtout pour les mètres de neige et les journées à motoneige. Et aussi pour être avec Béber et Romain.
 
 
A : Eric disait parfois que Whistler était le meilleur endroit pour tromper sa copine, chopper le sida et devenir alcoolique. C'est si rad que ça ?
DP : Si tu veux niquer, t'as qu'a tendre le bras... et tu peux toujours tendre l'autre pour l'alcool. Le sida et la drogue sont omniprésents tu peux tout faire, et il y a beaucoup de tunes qui circulent grâce aux Ricains qui viennent du sud.

A : Quels sont tes projets pour cette nouvelle saison ?
DP : De rider et de faire des belles photos avec de bons photographes et aussi de m'intégrer au sein de Billabong pour ma nouvelle vie.

A : Un message à faire passer ?
DP : Ne buvez pas, ne sortez pas, ne faites pas la fête, restez chez vous, comme ça, vous êtes sûres que personne ne vous connaîtra, et vous pourrez mourir tranquille seul.
(A tous les médisants qui pensent qu'on boit trop, Romain et moi...)


Photos : Eric Bergeri
 




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